A la Découverte du Loup

Le Comportement | La Distribution géographique | Les Effectifs | L'habitat | Le Marquage | Le Marqueur de Paysages | Le Régime Alimentaire | Sa Constitution | La Communication

Jusqu'au milieu du XXe siècle, les connaissances en la matière se résumaient aux divers moyens de traquer le loup.

Lorsque les biologistes de terrain commencent à étudier ce prédateur, ils découvrent une espèce radicalement différente des descriptions traditionnelles

Le Comportement

Considéré par la croyance populaire comme un dangereux mangeur d'hommes, le loup tel qu'il apparaît au travers des études scientifiques est plutôt un animal craintif et méfiant. S'il est capable de s'approcher des habitations pour se nourrir, il prend la fuite dès qu'il perçoit une présence humaine.

En Europe, en particulier, ils sont devenus nocturnes, peut être même limitent ils leurs déplacement aux nuits sans lune. Par suite, la majorité des études de son comportement sont réalisées sur des animaux en captivité, ce qui peut conduire à des conclusions biaisées.

Ainsi, les relations dans la meute sont parfois décrites comme dominées par les combats et la hiérarchie, mais les observations ne sont pas toutes convergentes et plusieurs auteurs notent que les interactions agressives sont essentiellement limitées à deux ou trois adultes, les plus âgés. Plus que de combats, la vie du loup est faite d'activités ludiques, contribuant à maintenir la cohésion du groupe.
Il se distingue des autres canidés par la richesse de son répertoire de signaux de communication et par la grande diversité de ses conduites sociales non agressives.

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La Distribution Géographique

Le loup possède une aire de répartition très vaste, d'Europe en Extrême Orient et d'Alaska au Mexique.
Il peut vivre sous des climats extrêmes, aussi bien chauds que froids.
En Amérique du Nord, on dénombre plusieurs dizaines de milliers de têtes, dont la majorité au Canada ou il est présent dans toutes les provinces.
Aux États Unis, il est actuellement présent dans les états du Michigan, du Montana, du Wisconsin, du Wyoming et du Minnesota, ou il fut longtemps chassé pour sa peau et pour la concurrence qu'il faisait aux chasseurs.
En Europe la Roumanie et l'Espagne constituent les plus forts noyaux de populations avec 2500 et 1500 à 2000 loups.
Viennent ensuite la Pologne 850, l'Italie et la Grèce 300 à 500, la Slovaquie 350, le Portugal 150, la Scandinavie, la Hongrie, la république tchèque et l'Allemagne une centaine dans toutes les régions orientales, du Sinaï à la Chine, il ne resterait pas plus de 5000 à 6000 individus.
Avec 100 000 à 200 000 loups, la Russie reste le plus grand réservoir du monde.

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Les Effectifs

Le recensement des populations de loups en liberté relève plus de l'estimation que du comptage précis des individus. La discrétion de l'espèce dans son milieu naturel et ses habitudes nocturnes dans les milieux anthropisés limitent en effet l'observation directe.

En outre, le taux de mortalité des louveteaux, puis des jeunes parvenant à maturité sexuelle, peut induire d’importantes variations saisonnières dans la taille des populations.Après l'observation directe de deux loups en novembre 1992, la France a confirmé au cours de l'année suivante la présence d'au moins deux loups dans le Massif du Mercantour.

En novembre 1993, trois puis huit traces conjointes signalaient l'augmentation probable de la population présente. Durant l'hiver suivant, le nombre de onze à douze traces conjointes fut avancées. En 1996, la fourchette varie de dix à vingt loups présents.

Leur nombre ne peut être précisé au delà, et le chiffre de cinquante loups avancé par certains relève simplement de la rumeur et de la désinformation ( cette estimation fantaisiste équivaudrait, dans les Alpes, à une densité jamais observée dans aucune autre région du monde )

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L'Habitat

Le loup passe souvent pour un animal de forêt. A l'origine pourtant, dans nos régions, il préférait les petits bois ou les bosquets impénétrables. C'est sous l'effet d'une persécution acharnée qu'il a du rechercher le couvert protecteur de la foret. Il est clair que le loup a une bonne capacité de dissimulation et une prédilection pour les endroits difficilement accessibles à l'homme.

Le loup supporte des conditions extrêmes. Dans l'Himalaya, il vit jusqu'à 5000 m d'altitude. Au Canada et au Groenland, il s'adapte très bien à plusieurs mois d'enneigement. Dans les Alpes, il peut s'installer aussi bien en lisière de forêt que dans les pierriers d'altitude.

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Le Marquage

Tous les mammifères semblent équipés de glandes sécrétrices de produits odorants. C'est le dépôt de ces produits en telle ou telle partie du biotope qui est appelé " marquage". Ces glandes peuvent être disposées sur différentes partie du corps ( museau, cou, aine, dessous des pattes...).

Chez les carnivores, ce sont surtout les dépôts d'urine et de fèces qui sont utilisés pour le marquage. La motivation des comportements de marquage est extrêmement mal connue. Elle change sans doute d'une espèce à l'autre, d'un endroit à l'autre et d'un moment à l'autre de l'année.

Les loups marquent les sentiers qu'ils suivent en divers points, en général sur des pierres ou au bas des troncs faisant saillie en bordure de chemin.
Cette activité est parfois interprétée comme un signal destiné à éloigner d'éventuels compétiteurs. C'est là supposer au loup des capacités de prévision qu'il est sans doute loin de posséder.

En revanche, cela peut avoir pour effet de donner au lieu une odeur connue, familière, et donc rassurante, qui sera aussi à l'occasion, utilisée comme repère.
Symétriquement, le caractère inhabituel d'une odeur peut engendrer un évitement et contribuer ainsi au maintien de chaque meute à l'intérieur de son domaine.
Chez le loup, le marquage est deux fois plus abondant en bordure du territoire que dans la zone centrale.

Mais on constate chez le chien, que la découverte d'une marque laissée par un congénère engendre plutôt une prise d'intérêt qu'un évitement. Une étude canadienne récente a montré que loups et coyotes peuvent marquer tous deux une même zone sans qu'aucune des deux espèces évite les passage marqués par l'autre.

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Le Marqueur de Paysages

Certaines espèces sont des indicareurs biologiques d'un milieu, traduisant par leur présence ou leur absence la bonne santé écologique d'un espace naturel.
Ainsi, le loup, parcequ'il est un prédateur situé au sommet de la chaîne alimentaire, témoigne par sa réinstallation de la présence en nombre suffisant d'herbivores sauvages ( chamois et mouflons, cerfs et chevreuils, élans ou rennes ).

La vague écologiste a parfois eu tendance, dans ses versions les plus extrémistes, à considérer l'homme comme seul responsable des désiquilibres, se livrant par la même à une curieuse reprise de la conception chrétienne anthropocentriste.

Dans ce cadre précis,le prédateur est supérieur à l'homme, car là où le second détruit aveuglément, le premier joue un rôle d'épurateur et de régulateur éclairé ( animaux malades, vieux, en surnombre...).Protecteurs de la nature et agriculteurs ne peuvent manquer d'enter en conflit sur ce point.

Ce que les uns considèrent comme un retour à une nature " plus naturelle" est perçu par les autres comme une absurde et dangeureuse régression : si le loup a disparu de nos contrées, c'est qu'il devait " naturellement" disparaître ; partant, sa réapparition est " contre nature" et n'a pu être qu'artificiellement provoquée; sa présence est en outrejugée inutile puisque les chasseurs s'occupent de gérer les populations d'herbivores.

Le fait de réintroduire prétendument, en tout cas de tolérer et de protéger un tel prédateur équivaut, pour les agriculteurs, à nier leur propre existence, à disqualifier leurs pratiques agropastorales et à faire de ce terroir qu'ils ont façonné siècle après siècle un territoire naturel vacant, bon à prendre.

Leur espace de vie, sans qu'on les consulte, semble avoir brusquement changé de statut : il serait devenu un lieu où les bêtes sauvages peu à peu remplaceraient les hommes et où les locaux seraient des " Indiens" dans leur réserve naturelle.

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Le Régime Alimentaire

Le loup est avant tout un prédateur.
Mais c'est aussi un animal " opportuniste", capable de se nourrir des aliments les plus variés qui se présentent.

Particulièrement friand de carcasses, il ne dédaigne pas poissons et grenouilles.
Ses proies sont variables selon les saisons. L'hiver, il s'attaque essentiellement aux grands ongulés ( élans, cerfs, carribous, bisons, rennes, mouflons, chamois, chevreuils, marcassins...). A la belle saison, il chasse le plus souvent en solitaire et se contente de proies moins volumineuses (chiens, castors, lièvres,lapins, rats, campagnols, grenouilles, poissons...).

Un régime alimentaire qui fait de lui un concurrent direct et partant peu apprécié des chasseurs.

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Sa Constitution

Le loup est un mammifère de l'ordre des Carnivores, c'est à dire qu'il possède une dentition et un appareil digestif adaptés à un régime alimentaire carné.
Comme les félins, il a cinq doigts aux pattes avant et quatre aux pattes arrière, mais il s'en distingue par l'absence de griffes rétractiles et par une tête allongée : c'est un canidé.

Cette famille cmoprend le Renard ( Vulpes ), dont le museau est pointu et la queue longue comme la moitié de son corps, et les espèces du genre Canis ( Chien, Loup, Chacal, Coyote et Dingo ), dont le museau n'est pas pointu et dont la queue n'est longue que comme le tiers du corps.

L'espèce Canis lupus ( Linné, 1758 ) est celle qui nous occupe ici.
Parmi les sous espèces, le loup d'Europe, ou le loup commun, ( Canis lupus lupus ), est souvent le plus petit. Sa fourrure est de couleur fauve, mêlée de gris et de noir, plus claire sur le ventre.

Outre l'Europe, il peuple le Moyen Orient. En Amérique du Nord, on dénombre plusieurs sous espèces, de pelage blanchâtre pour la plupart et parfois ( Canis lupus occidentalis ), toutes plus grandes que celle d'Europe ; leurs pieds sont plus larges, formant de véritables raquettes sur la neige.

L'origine phylogénétique du loup n'est pas connue avec certitude et différentes hypothèses coexistent encore. Il est toute fois vraisemblable qu'il possède une origine commune avec le chien ( les deux espèces sont interfécondes, et leurs hybrides sont également féconds ), canidé avec lequel il partage le plus de caractéristiques physiques. Il s'en différencie toutefois par ses yeux obliques et généralement jaunes d'or, ses oreilles courtes, arrondies et dressées, un poil épais rendant la tête massive et le cou large. Sa queue est basse, pendant jusqu'au talons, et n'est jamais recourbée en panache au dessus du dos.

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La Communication

Les yeux du loup, comme ceux du chat, lui permettent de voir par faible luminosité, mais de loin ou en pleine nuit il semble que l'animal ne perçoive que le mouvement. Son ouie est excellente et il est capable d'entendre les hurlements d'un congénère à plusieurs kilomètres de distance.

De nombreuses autres vocalisations, à courte portée, jouent un grand rôle dans la communication à l'intérieur de la meute. Cependant, comme chez la plupart des mammifères nocturnes, l'odorat est chez le loup le sens le plus développé.
Les traces odorantes qu'il dépose en parcourant son territoire lui permettent de retrouver sa meute à distance et de ne pas empiéter sur les domaines des meutes voisines.

L'odeur le renseigne également sur l'identité du congénère rencontré, voire sur ses dispositions; l'état psychologique affecte en effet les odeurs individuelles.
Enfin, c'est pour lui un moyen de repérer ses proies ou de suivre leurs traces.
Chez le loup, les interactions sociales s'accompagnent de nombreuses postures et mimiques que les observateurs ont bien décrites : queue baissée jusqu'à venir entre les pattes, oreilles couchés, pattes arrière légèrement fléchies dans l'évitement ; queue haute, oreilles dressées vers l'avant et pattes arrière tendue dans l'approche.

Certains mouvement du corps ou de la tête prennent aussi des signification permettant la communication dans le groupe.Mais l'analyse de ces attitudes reste pour l'instant bien grossière et il n'est pas toujours aisé de déterminer ce qui, dans ce vaste répertoire, a vraiment valeur de signal : rien ne permet d'affirmer, par exemple, qu'en abaissant sa queue entre ses pattes, un subordonné << signifie >> sa soumission.

Une observation fine des conditions d'émission de chaque posture, un suivi complet de interaction, ainsi que l'étude de l'apprentissage et du développement des processus de communication seront sans doute nécessaire pour parvenir à une bonne compréhension des échanges au sein de la meute.

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